Jeudi 3 avril 2008

Les marges de Sony sont sous pression, donc son aptitude à diminuer encore le prix de sa PS3 diminue. L'arithmétique est cruelle pour l'acquéreur potentiel... qui peut remercier la force du yen.

L'un des objectifs de Sony est de réduire au max ses coûts de production pour, tout d'abord, agrandir ses marges sur chaque console vendue, mais aussi pour se garder la possibilité de réduire le prix final de la PS3. Dans un triple but : augmenter ses ventes (donc ses revenus), élargir le parc de consoles installé (et donc imposer/vendre plus aisément les jeux, sur lesquels il touche des royalties), écraser éventuellement la concurrence (ou tenter de la rattraper, c'est selon).

Rien de nouveau ? Si : le yen. Jusqu'à présent, le dollar représentait l'obstacle le plus violent aux bénéfices de Sony. Et ce, malgré des baisses de coût de production déjà importants - mi-janvier, on parlait déjà de 50 % de coûts en moins, ce qui faisait la PlayStation 3e du nom à 400 dollars côté Sony.

Ryoji Chubachi, président de Sony, peut tenter l'imposition des mains : le yen est toujours aussi fort.

Montage Bloomberg

«Pour ce qui est de la faiblesse du dollar à moyen et long termes, nous avons déjà développé une stratégie pour y faire face», indique ainsi Ryoji Chubachi, président de Sony, à MSN Money.

Mais pour le yen ? Sa force pourrait bien entamer douloureusement la capacité de Sony à proposer de nouvelles baisses de prix pour sa console-reine. Le géant high-tech a-t-il encore une marge de manœuvre ? «Nous allons diminuer nos coûts de production au maximum ( Ndlr, ah bon, ce n'était pas déjà le cas ? ), choisir des sites de production en fonction (Ndlr, bonjour la Chine et les pays low-cost ? ) et, à court terme, tenter d'accepter davantage de commandes (Ndlr, ils en refusaient, donc... ) ?»

Gamesindustry.biz fait état de taux de change difficiles pour Sony. Pour chaque gain de 1 yen par rapport au dollar américain, le groupe perd 6 milliards de yens (37,5 millions d'euros). En un an, la monnaie nipponne est passée d'un taux de 111 yens pour 1 dollar à 102,5 yens. Soit une perte de 51 milliards de yens (318 millions d'euros) pour Sony. Et cela, sans même que le patron du groupe ait à prendre une mauvaise décision. Ni même à se lever de son lit...

Bref, tant que le yen continuera de se renforcer, les éventuels nouveaux venus de l'univers PlayStation, aux poches vides, attendront que Ben Bernanke, président de la Federal Reserve (la banque centrale américaine), trouve enfin la recette-miracle pour redonner des couleurs au billet vert.

par Orion publié dans : Playstation3
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